Science

L’Utilisation du CyberTracker Comme Outil de Gestion d’Aire Protégée Forestière en Afrique Centrale

Jean Marc Froment, Avril 2002

L’expérience du Parc National d’Odzala

Introduction

La gestion de grande aire protégée forestière en Afrique Centrale est profondément handicapée par la densité de végétation qui réduit fortement la visibilité et rend difficile les progressions sur le terrain. Cette réalité rend, toute forme de collecte de données spatio-temporelles pour évaluer les principales tendances du milieu, fastidieuse et onéreuses. De même, il est extrêmement difficile d’évaluer les résultats de toutes les actions de gestions mis en œuvre et particulièrement du travail des équipes de surveillance sur le terrain.

De plus, les aires protégées d’Afrique Centrale dispose de peu de ressource financière pour se protéger du braconnage qui constitue dans bien des cas une menace à court terme. La mis en place d’unités spécialisées dans le suivi écologique et en particulier dans les zones forestières constituent des charges financières que les aires protégées ne peuvent mobiliser.

Face à ces deux contraintes, les gestionnaires du parc national d’Odzala souhaitait mettre en place un système dont la collecte d’information de base se ferait à travers les équipes de surveillances qui sont en permanence sur le terrain. Ce système devait permettre d’une part de se faire une meilleur idée de leurs travaux et d’autre part de suivre de grand indicateur spatio-temporels ( distribution et abondance des activités illégales, des espèces clef etc.).

L’outil CyberTracker, instrument de collecte de données géo référencées à partir d’icônes pouvant être immédiatement intégré dans un Système d’Information Géographique, était dans son principe de base très séduisant pour permettre à des équipes de gardes d’enregistrer leurs observations et aux responsables d’utiliser ces informations pour améliorer le suivi des équipes et des grandes problématiques du Parc.

Développement du CyberTracker au Parc National d’Odzala

Le principe de base est d’enregistrer avec le cybertracker les parcours et les observations faites par les patrouilles de surveillance et de transformer ces données en effort de patrouille par unité de surface ( kilométrage de patrouille par km² dans des cadrats de 100 km²) et en indice d’abondance ( nombre de rencontre/ individu/ par kilomètre de patrouille dans les cadrats de 100km²).

L’approche méthodologique générale a donc été :

  1. de définir une série d’indicateur clef devant être collecté par les gardes qui permettraient un suivi des mesures des gestions (distribution et effort de patrouille) et de l’utilisation ( légale et illégale) de la forêt mais aussi de l’abondance et la distribution de certaines espèces dans le parc.

  2. de mettre en place des mécanismes qui donneraient aux gestionnaires de l’aire protégée d’utiliser très rapidement les informations collectées par les gardes (débriefing de patrouille) mais également qui permettraient une analyse spatiale périodique afin de disposer de paternes saisonniers ou annuels et de tendance sur l’évolution de grandes problématiques de conservation (distribution de l’effort de patrouille, braconnage, mortalité anormal, etc).

  3. de réaliser une carte écomorphologique prenant en compte le milieu humain (importance des villages, moyen de communication), les formations végétales, la topographie, l’hydrographie, les sites particuliers qui caractériserait spatialement du milieu pour une meilleur interprétation des données. Ce travail est réalisé en concertation avec le centre de recherche commun de Ispra , programme TREES.

  4. de mettre en place une base de données facilement interrogeable afin de produire des bilans périodiques des actions de gestion et des indicateurs mais également de constituer une mémoire de la gestion et de la santé du parc.

Utilisation actuelle du Cybertracker

Au départ deux clefs de collecte d’information ont été conçu d’une part pour suivre les équipes de gardes en forêt et pour faire un bilan socio-économique annuel.

Le Cyber Patrouille

L’outil

L’arborescence a été conçu pour permettre une collecte simultanée de données sur l’activité des patrouilles, sur les différents milieux traversés et sur les principaux indicateurs de l’activité humain et animal en forêt ( Fig. A).

Les données sur l’activités des patrouilles portent principalement sur les types de patrouilles réaliser, les modes de déplacement, les itinéraires, les périodes de temps consacrées aux différentes tâches et à leurs résultats. Ces informations sont utilisées pour le calcul des différents efforts de patrouilles et analyser leurs distributions dans le temps et dans l’espace. Elles renseignent également sur le travail réalisé en forêt.

Les données humaines collectées correspondent aux principaux indicateurs des différentes formes d’exploitation de la forêt par les villages de la périphérie du parc et les braconniers (indice des activités de pêche, cueillette et de chasse). Les données faunes collectées ont pour objectifs principale de définir une abondance relative périodique des principales espèces rencontrées lors des patrouilles ( contact, trace) et ce comme critère de change intervenant dans les populations et de ce faire une meilleur idée de la distribution des espèces plus rare.

Son utilisation

Depuis Novembre 2002 toute les patrouilles sont équipées d’un Visor muni d’un GPS intégré Magelan (15 unités pour l’ensemble du Parc). Sur base des testes réalisées antérieurement avec 5 unités opérationnelles pendant une période d’un et demi, 30 % des patrouilles Cyber perdent leurs informations avant leurs retours à la station. Malgré cette inconvénient qui est liés à un problème de personne ( formation choix des personnes rapporteurs) les informations apportées sont immédiatement utilisable par le conservateur en charge de la surveillance du parc. Lors des actions de débriefing des patrouilles ( voir Fig.X), il dispose d’une carte précise de l’itinéraire de la patouille et de l’ensemble des observations faites, permettant une évaluation très précis du travail réalisé mais aussi d’indication sur le braconnage et les autres grands problème du parc.

Les possibilités d’exporter les informations en d’autre formats ( Arc View, et Excel) donne la facilité au parc d’effectuer des analyses périodiques sur de la distribution des efforts de patrouille (Fig. Y) par rapport aux indices d’abondance de différentes problématiques (Fig. Z). Le Cyber est donc une aide important dans la programmation du travail mais aussi pour le suivi de tendance évolutive de différentes menaces et autre paramètre de l’aire protégée (Fig W).

D’autre part, les écogardes associent à toutes leurs observations les principales formations végétales. Ces données sont utilisées par le Centre de Recherche Commun de l’Union Européenne pour interpréter ( point de vérité terrain) les images satellites et améliorer la carte écomorphologique du parc (voir présentation Pascale Janvier et Philippe Mayaux).

Son développement

L’objectif du développement de l’outil Cybertracker dans la gestion d’Odzala est de constituer une réelle bases de données sur la gestion parc et sur son niveau de connaissance, une sorte mémoire du parc, facilement interrogeable pour l’ensemble des personnes qui y travaillent mais également pour les chercheurs et les personnes souhaitant contribuer à sa mis en valeur.

Ce travail, demande la mis en place de mécanisme automatique d’analyse des milliers de données collectées par les écogardes mais également l’intégration de cette information dans un Système d’Information Géographique plus complet et plus performant en terme d’analyse ( Tropical Forest Information System). Ce travail est réalisé par Pascale Janvier et Philippe Mayaux du Centre Commun de Recherche de l’Union Européenne basée à Ispra en Italie. Il utilise des logiciels classiques Arc View et Excel.

Le Cyber soci-économique

Une deuxième clef de collecte d’information a été réalisée pour réaliser une enquête annuelle du niveau économique et social des villages de la périphérie du parc. Elle a été conçu pour pouvoir être réalisé rapidement, sur base de observation direct et de question très simple et précise. Elle se base principalement sur des descriptions de l’habitat, du développement des infrastructures publique et des infrastructures de communication.

Ces données seront utilisées pour assurer un suivi du développement socio-économique, mais également pour réaliser la carte écomorphologique du parc.

Les Nouvelles utilisations

Plusieurs chercheurs